Symboles et attributs divins
dans l'Egypte antique

 

 

amulettes

Une amulette (du latin amuletum, « façon de se protéger ») est un objet qu'on porte sur soi et auquel on accorde des vertus de protection et ou qui porte chance. Une amulette peut être un gemme, une statue, une pièce, un dessin, un pendentif, un anneau, une plante, un animal, etc. Les amulettes représentant des divinités permettent au défunt de bénéficier de leur protection et de leur pouvoir. Les plus fréquentes sont les amulettes d'Hathor, de et des dieux et divinités aux fonctions funéraires : Horus, Anubis, Isis, Nephthys et les quatre fils d'Horus chargés de protéger la momie et ses vases canopes. Les amulettes reproduisant des emblèmes royaux permettent au défunt d'acquérir une part de la puissance royale et lui donne une garantie supplémentaire de vie après la mort puisque la résurrection était à l'origine uniquement réservée au roi. Ainsi l'uraeus, l'œil-cobra protecteur de Rê, attribut royal par excellence, garantit la protection du défunt dans l'au-delà tout en l'assimilant à un roi. Les effigies des animaux permettent au défunt de bénéficier des vertus et des forces de ceux-ci. De plus, les animaux sont souvent les hypostases d'un dieu. Les plus représentés sont la vache (Hathor), le serpent () et la grenouille qui est l'incarnation de la déesse Heket, divinité qui préside aux naissances (la résurrection est considérée comme une seconde naissance). Loin d'être de simples objets de culte, les amulettes faisaient partie du quotidien des égyptiens et les accompagnaient toute leur vie, de la naissance jusque dans la mort.

Amulettes cœur
Amulette-faucon
Amulette-grenouille
Amulette-vautout

Ankh

Appelée "clé de vie", en forme d'un miroir ou d'un noeud, la croix ânkh incarne la notion de souffle vital. C’est pourquoi les divinités la tiennent dans leur main : ils sont les seuls à détenir le pouvoir de donner ou de reprendre la vie à quiconque. Portée par les divinités ou par les gens dans les processions funéraires, ou offerte au roi en tant que souffle de vie

Le(âme) continue de vivre sur la terre, pouvant hanter et faire souffrir ceux qui ont commis le mal envers le défunt, ce qui le rend particulièrement craint. Il est indissociable de la forme de l'être, ce qui explique que pour garder son , le défunt devait conserver sa forme humaine (d'où la nécessité de la momification). Le était représenté sous les traits d'un oiseau à tête d'homme

Vases canopes

Pendant l’embaumement, les viscères du mort étaient retirés de son corps. Elles devaient être placées dans un récipient caractérisé par un couvercle en forme de tête de divinité et représentant un des 4 fils d’Horus. lls étaient fabriqués en calcaire, en albâtre, en terre cuite ou en faïence.

Les poumons étaient placés dans le canope fermé par un couvercle représentant Hapi (dieu à tête de babouin), le foie dans celui représentant Amset (dieu à tête humaine), l’estomac dans celui représentant Douamoutef (dieu à tête de chacal) et les intestins étaient gardés par Qebehsenouf (dieu à tête de faucon). Le cœur était le seul organe qui restait dans le corps du défunt car selon les égyptiens, il était le siège de la vie et des émotions. Les canopes étaient ensuite déposés par les embaumeurs près du sarcophage sous la protection des déesses Isis, Nephtys, Neith et Selkis.

Cartouches

Le cartouche est une figure elliptique représentant un bout de corde entourant le nom des personnes de la famille royale en hiéroglyphes. Il symbolisait le fait que le pharaon régnait sur tout ce que le soleil entourait. Ce sont les soldats de Napoléon qui ont donné son nom au cartouche.

Collier-menat

Ce lourd collier perlé orné d'un croissant et comportant un contrepoids est associé à la déesse Hathor. Par son intermédiaire, le pouvoir de la déesse est transmis au pharaon. L'épouse du pharaon est représentée offrant ce collier à son mari, étant la représentante d'Hathor sur terre.

Les couronnes

Couronne Blanche (hedjet) : elle symbolise le pouvoir du pharaon sur la Haute Égypte.
Couronne Rouge (deshret): elle symbolise le pouvoir du pharaon sur la Basse Égypte.
Le pschent est la principale couronne de Pharaon. Elle est formée de la couronne rouge du Nord appelée "deshret" et de la couronne blanche du Sud appelée "hedjet". Ensemble elles symbolisent la fusion du Nord et du Sud, le "pa-sekhemty" signifiant "les deux puissantes ".

Deux divinités (Ouadjet et Nekhbet), symbolisant le nord et le sud, posent le Pschent sur la tête du roi. Celle de gauche est coiffée de la couronne du nord et celle de droite est coiffée de celle du sud. Ces déesses sont représentées au front du roi : le cobra Ouadjet et le vautour Nekhbet. La première brûle ses ennemis par son feu destructeur (le serpent étant une force puissante pouvant être mise au service du roi et qui est aussi un symbole d’éternité). La deuxième l’entoure de ses ailes pour le protéger. Grâce à ces deux couronnes symbolisant l’unification des deux ennemis et par conséquent du Double Pays, Pharaon est protégé et possède un pouvoir redoutable. Atoum et Horus peuvent porter cette couronne.

Couronne Atef

La couronne Atef est la couronne caractéristique du dieu Osiris, composée d'une couronne blanche flanquée de deux plumes d'autruche. La couronne Hemhem est un diadème formé de trois couronnes Atef associées

Couronne Bleue (Khepresh )

Couronne portée par le pharaon lors des batailles. Ci-contre, Touthankamon avec cette couronne.

Crosse et fouet

Les Pharaons sont souvent représentés croisant sur leur poitrine deux sceptres : la crosse et le fouet. Ce sont des attributs divins. La crosse est appelée "héqa" et le flagellum (le fouet) est appelé "nekhekh". Pharaon peut ainsi conduire son peuple avec la crosse et le protéger grâce au flagellum.

Formes de crosses

Le sceptre, ou bâton, est l'un des symboles les plus anciens et les plus constants de la royauté et des divinités. On trouve deux types de sceptre dans l'art égyptien.

Le was, symbole du pouvoir et de la domination, est fait d'une hampe droite, d'une poignée courbée (gauche) , parfois en forme de tête d'animal et à base fourchue (milieu) . Le sekhem, qui symbolise le pouvoir divin, est fait d'une hampe droite et d'une extrémité cylindrique élargie (droite).

Djed

Le Djed assure au porteur la canalisation de l'énergie vitale. L'oiseau Bâ porte le Djed autour de son cou pour certifier que l'âme est dans sa plénitude totale. Symbole de la durée et de la stabilité.

Faucon

Cet oiseau capable de voler et de planer très haut dans le ciel, presque à toucher le soleil a été rapidement assimilé à la course solaire.

Grenouille

Utilisées comme amulettes parce que les Égyptiens croyaient que les grenouilles se créaient elles-mêmes à partir de la boue, sans doute en raison du grand nombre qui apparaissaient chaque année dans la boue lorsque les eaux de la crue se retiraient. Le dieu grenouille Houh était l’un des huit dieux originaux de l’Ogdoade d’Hermopolis. Il était le dieu de l’infini et du temps : le dieu de la longue vie et de l’éternité.

Ka

Le Ka faisait partie de l'homme et en était muni dés sa naissance. Il était le symbole de la force vitale entretenue par la nourriture, le principe de la vie et de l'énergie. Le roi ne pouvait procéder aux gestes importants du culte sans son Ka. A la fois double, aura, puissance fondamentale et procréatrice de l'homme, on ne pouvait s'en séparer. Pour le nourrir on lui présentait des aliments dont il ne prélevait que l'essence invisible et régénératrice. Rejoindre son Ka voulait dire mouri

Le lotus bleu était un symbole du dieu solaire et des pharaons. De même que le soleil se couche le soir et se lève le matin, la fleur de lotus s'épanouit le jour et se referme toutes les nuits. Dans une version du mythe de la création, le soleil est issu d'une fleur de lotus géante qui a fleuri sur le tertre primordial. Le lotus est ainsi devenu un symbole de la renaissance, du renouvellement de la vie et de la promesse de la vie éternelle.

Lotus

Némes

Coiffe de lin bleu, rayé de jaune doré. Les rois sont souvent représentés (dans un contexte divin et funéraire) portant le némès. Morceau de tissu tendu sur le front et attaché en arrière, deux rabats pendant sur les côtés. Ci-contre, le némes de Touthankamon.


Ouchebti de
Sennefer

Ouchebti

Les ouchebti sont des statuettes funéraires qui, à partir du Moyen Empire forment une partie importante des objets funéraires. Ces statuettes devaient répondre à l’appel d’Osiris et remplacer le mort dans les travaux des champs de l’au-delà. Modelées à partir des différents matériaux disponibles en Égypte, ces statuettes représentaient le défunt soit en position momiforme soit vêtu d'une robe qu'il portait dans la vie de tous les jours.

De plus, elles étaient placées dans la tombe en grand nombre ; en effet, il y en avait une pour chaque jour de l'année. Toutankhamon en possédait quatre cent treize.

Ouadjat

  1. L'œil Ouadjat (dit aussi "œil d'Horus") tire son origine des violents combats qui opposèrent Horus à Seth pour la royauté d'Égypte. Ce dernier arracha l'œil de son neveu et le cassa en six morceaux. Mais Thot, grâce à sa magie, le reconstitua intégralement, permettant à Horus de retrouver toutes ses capacités.
C'est un symbole porteur de lumière qui chasse les ténèbres, un symbole de la plénitude physique, de l'unité, de la santé. L'œil n'est jamais fermé, car il voyage sur la barque du jour et celle de la nuit. Oudjat est une déesse cobra. Dans son rôle de protectrice du pharaon, elle est associée à la déesse vautour Nekhbet symbole de Haute Égypte. Elles forment ensemble le symbole redondant des deux terres (le nord et le sud) réunies au nom de pharaon.

Papyrus

Plante aquatique, le papyrus symbolise les marais primordiaux du récit de la création. Plante héraldique de la Basse Égypte, il servait à décorer les colonnes des temples construits par les pharaons

Plume

La plume est l’attribut de Maât, la déesse de la justice et de la vérité. Cette plume, la " rectrice " permet un vol parfait et représente à la fois la légèreté du cœur juste et la fragilité de l’harmonie.

En effet, les hommes possèdent une tendance naturelle nommée " isefet " qui les poussent vers le mal, l’injustice et le mensonge. Maât est la face positive, l’harmonie, qui remplace l’iniquité et qui combat chaque jour le chaos.

Scarabée

L'habitude qu'a le scarabée de pondre ses oeufs dans une boule d'excréments, qu'il fait ensuite rouler sur le sol et tomber dans un trou, en faisait un symbole évident du dieu solaire. Il représentait le dieu solaire à son lever et, par association, les pharaons.

Se plaçait sur le cœur de la momie. Le scarabée est un symbole de métamorphose, il est associé au soleil,  il est petit mais déplace les mondes. Le symbole de l'existence, du devenir, de la naissance et renaissance de l'astre solaire.

Sistre

Instrument cérémoniel, le sistre est un hochet ayant souvent la forme de l'ankh. Il est associé à la déesse Hathor, et on croyait que le son qu'il produisait apportait protection et bénédiction divine par la fertilité et la renaissance. Nous connaissons deux styles de sistres, une arquée et une autre à la  forme d'une porte.

La deuxième, symbolise le renouveau pour une nouvelle année. Elle est aussi présente à la résurrection du dieu Osiris car il renaît. Les deux sistres ensembles nous montrent la vie de la déesse Hathor, qui porte le collier "Menat" qui symbolise le commencement, la continuité et l'aboutissement. Les prêtresses lors des nouvelles naissances protégeaient les enfants par la magie du son en jouant des deux Sistres

Uraeus

L'uræus représente un cobra dressé au capuchon évasé. Le cobra (le serpent dont le souffle repousse les ennemis) est associé au dieu solaire, au royaume de Basse Égypte, aux rois et à leurs familles, et à plusieurs divinités.

Symbole de protection, il garde les portes du monde inférieur, éloigne les ennemis de la famille royale et guide les pharaons défunts dans leur voyage dans le monde inférieur

Vautour

Symbole protecteur. Nekhbet était la protectrice de la Haute Égypte. Cette déesse est figurée sous l'aspect d'un vautour ou d'une femme coiffée d'une dépouille de vautour. Elle porte la couronne blanche emblématique